Dimanche 14 août
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L’Observatoire des violences faites aux femmes a dénoncé, hier, «le harcèlement sexuel et moral dont ont fait l’objet des
journalistes femmes de la Chaîne IV et les violences exercées par les policiers contre des femmes habitant seules au Bois des Pins, à Alger».
C’est pour un débat sur la marche à suivre pour condamner les violences sous toutes leurs formes exercées à l’égard des femmes que les
membres de l’Observatoire des violences faites aux femmes (OVFF) se sont réunis hier au centre des ressources de l’association Tharwa n’Fathma n’Soumer, à Alger.
A cette occasion, l’accent a été mis sur un constat des plus dramatiques des événements rapportés par la presse, notamment les
expéditions punitives contre les femmes à M’sila, les agressions commises par des bandes de jeunes contre des filles dont certaines ont été victimes de viol collectif et les attaques dont sont
victimes régulièrement les femmes vivant seules.
Les membres de l’Observatoire sont unanimes à interpeller les ministres de la Communication, de l’Intérieur et de la Justice afin
qu’ils assument leurs responsabilités pour sanctionner les auteurs de ces graves bavures et rendent justice aux victimes.
Tous se déclarent inquiets face au phénomène de la violence à l’égard des femmes qui, selon eux, ne cesse de prendre de l’ampleur parce
que encouragé par le silence, voire, dans certains cas, la complicité des institutions de l’Etat, celles-là mêmes censées protéger les citoyens sans distinction de sexe.
Après une longue discussion et des échanges d’avis, un communiqué final a été adopté par l’ensemble des participants et signé par la
porte-parole de l’Observatoire, Mme Cherifa Kheddar, présidente également de l’association des familles de victimes du terrorisme de Blida, Djazaïrouna.
«Pour la énième fois, les femmes, parce que femmes, continuent d’être victimes de multiples violences : viols en groupe suivis de
meurtres comme ceux rapportés par la presse, expéditions punitives à l’image de celles de Hassi Messaoud et de M’sila et, aujourd’hui, des femmes sont victimes de ceux-là mêmes censés les
protéger et veiller à leur sécurité», constatent les animateurs de l’Observatoire. Dans le document diffusé en fin de journée, ils font état d’une situation inquiétante marquée par «le
harcèlement sexuel et moral dont sont victimes des femmes journalistes de la Chaîne IV de la Radio nationale, dans l’enceinte même de l’institution et par leur propre directeur, la violence
contre les femmes vivant seules perpétrée par les services de police à l’intérieur même de leur domicile, au Bois des Pins, à Hydra, Alger».
Ils rappellent à ce titre que les femmes vivant seules sont devenues les cibles d’agression sous toutes ses formes.
Face à ces «agressions» qu’ils dénoncent «avec la plus grande fermeté», ils se déclarent «consternés et révoltés» et exigent des
institutions compétentes – les ministères de la Communication, de l’Intérieur et de la Justice – qu’«elles prennent leurs responsabilités respectives, en vue de sanctionner les auteurs et à faire
en sorte que l’action publique se saisisse de ces affaires dans les meilleurs délais». Les membres de l’Observatoire expriment par ailleurs leur «solidarité aux femmes journalistes de la Chaîne
IV et à toutes les femmes victimes de ces actes abjects» ; ils «s’engagent à les soutenir dans leur combat juste, contre leurs agresseurs» ; ils réclament enfin que «justice soit rendue aux
victimes afin qu’elles soient réhabilitées dans leur droit» et exigent des institutions de l’Etat qu’elles «assument leurs obligations telles que consacrées par la Constitution et les lois en
vigueur».
A signaler que l’Observatoire est composé de plusieurs associations et militantes des droits des femmes, mais se veut un instrument
autonome dépassant toute appartenance partisane ou associative. Il a été créé, il y a quelques mois, pour constater toutes les formes de violences exercées contre les femmes, mener des campagnes
contre ces dernières, aider les victimes et les soutenir.
Salima Tlemçani,
El Watan, 14/08/11