Algérie: création d'un Collectif de solidarité aux femmes de Hassi Messaoud (AFP)

Publié le par Yann

ALGER - Quinze associations algériennes de défense des droits et libertés ont annoncé dimanche à Alger avoir créé le Collectif défense et solidarité (CDS) après de "violentes agressions" contre des femmes à Hassi Messaoud (Sud de l'Algérie).

 

Ce collectif se veut "tout d'abord l'expression de notre solidarité à l'égard de ces femmes qui ont été lynchées, battues, volées, violentées à Hassi Messaoud", grande ville pétrolière située à quelque 800 km au sud-est d'Alger, a affirmé Chérifa Bouatta, au cours d'une conférence de presse.

 

Plusieurs femmes ont été agressées en mars et début avril par des groupes d'inconnus qui, cagoulés et armés, ont "terrorisé chacune des victimes isolées et sans défense", les volant et les molestant après être entrés par effraction dans leur logement, avaient auparavant dénoncée des associations.

 

"Les femmes agressées travaillent en majorité dans les bases vie des compagnies pétrolières étrangères. Elles sont femmes de ménage, repasseuses, cuisinières, et habitent seules ou avec leurs enfants dans un bidonville", ajoutait une responsable d'une ONG.

 

Mais le CDS entend aussi "interpeller les pouvoirs publics, l'Etat à qui il appartient d'assurer la protection de tous les citoyens", a ajouté Mme Bouatta, de l'association de défense et de promotion des droits des femmes (ADPDF).

 

"On a l'impression que les femmes sont considérées, dans toute la société algérienne, comme des citoyens de seconde zone. Mais leurs droits au travail, à la libre circulation doivent être respectés", a-t-elle ajouté.

 

"Très choquées" par ces agressions, les associations du collectif ont pris contact avec certaines victimes. "Mais, terrorisées, subissant de graves pressions psychologiques, elles nous ont dit: surtout ne venez pas ici, nous risquons des représailles, de perdre notre travail", a rapporté Mme Bouatta.

 

Selon la presse algérienne, la police a depuis organisé des rondes dans ce quartier.

 

A terme, "il faudra structurer le Collectif, pour qu'il devienne une instance de veille pérenne pour dénoncer tous les dénis de droits. Après les événements de juillet 2001, les agressions à Hassi Messaoud ont recommencé. Il ne faut plus que ça arrive", a encore affirmé cette responsable.

Le 13 juillet 2001, 300 hommes armés avaient violemment agressé une centaine de femmes vivant seules dans le bidonville d'El Haïcha dans cette même ville, "leur faisant subir les pires atrocités", selon le Collectif.

 

Celui-ci rassemble notamment la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH), les associations algériennes du planning familial et de défense des libertés syndicales, le rassemblement algérien des femmes démocrates ainsi que diverse structures et réseaux actifs dans la promotion des droits des femmes.

 

AFP, 25 avril 2010

Publié dans Dépêches

Commenter cet article