« Femmes de Hassi Messaoud » : Sit-in de solidarité devant le tribunal (El Watan)

Publié le par hassi-messaoud.over-blog.com

Un sit-in sera organisé symboliquement, demain, devant le tribunal d’Oran, une date qui coïncide avec la tenue à Biskra du procès des agresseurs des femmes de Hassi Messaoud. Cette initiative a été prise en commun accord entre plusieurs représentants de partis politiques et du mouvement associatif lors d’une réunion tenue mercredi sur l’initiative de l’AEPEC (Association féminine pour l’épanouissement de la personne et l’exercice de la citoyenneté), rejointe par l’association FARD (Femmes algériennes revendiquant leurs droits).

 

L’affaire remontant à 2001, Malika Remaoun, présidente de la première association s’est dit avoir été interpellée suite à l’article particulièrement émouvant de notre consœur Salima Tlemçani d’El Watan, publié au lendemain du report du jugement du procès en appel relatif à cette affaire. « N’oublions pas que c’est le représentant du ministère public qui a introduit l’appel », devait-elle remarquer en outre. « J’ai honte d’avoir oublié », s’est exclamée de son côté Mme Sebaa, universitaire, avant d’adopter le principe d’initier à l’avenir plusieurs actions de solidarité. Le sit-in de demain ne sera de ce fait qu’un début. Il vient compléter la signature par plusieurs associations du communiqué rédigé à Alger le 20décembre et appelant à ce que la justice soit rendue en faveur des victimes. Trois avocats d’Oran ont été également constitués par l’association pour renforcer le collectif de défense. Elles sont 32 femmes à avoir décidé de maintenir leur plainte malgré, dit-on, d’énormes pressions et des affronts qu’elles ne cessent de subir. Alors que plusieurs représentantes effectueront le déplacement à partir d’Alger, une représentante d’Oran sera très probablement à Biskra le jour du procès. Elles auraient pu être plus nombreuses, mais le manque de temps et de moyens en a décidé autrement. Pour toutes, il s’agit de reprendre le contact. Les rédactrices du communiqué d’Alger se plaignent du « silence quasi total des partis politiques. » A Oran, hormis des citoyens et une représentante française de l’association Algérie-Méditerranée venue s’enquérir de la situation pour avoir une idée plus juste, le MDS, le FFS et le RCD ont été représentés. Le premier, pessimiste, a déclaré que « l’islamisme dans l’Etat va empêcher que justice soit faite. » Le second a insisté sur le respect des droits de la personne humaine, avant de proposer un grand rassemblement (devenu sit-in par la suite) devant le palais de justice. « C’est la conscience collective qui est interpellée car il s’agit d’un lynchage abject et la question qui se pose est : sommes-nous capables de communiquer cette horreur pour qu’elle ne se reproduise plus ? », devait s’interroger le troisième.

 

Djamel Benchour

El Watan, 2 janvier 2005

Publié dans Articles 2005

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