Les agresseurs encouragés par le silence des autorités (El Watan)

Publié le par Yann

L’Observatoire des violences faites aux femmes a dénoncé, hier, «le harcèlement sexuel et moral dont ont fait l’objet des journalistes femmes de la Chaîne IV et les violences exercées par les policiers contre des femmes habitant seules au Bois des Pins, à Alger».

 

C’est pour un débat sur la marche à suivre pour condamner les violences sous toutes leurs formes exercées à l’égard des femmes que les membres de l’Observatoire des violences faites aux femmes (OVFF) se sont réunis hier au centre des ressources de l’association Tharwa n’Fathma n’Soumer, à Alger.

A cette occasion, l’accent a été mis sur un constat des plus dramatiques des événements rapportés par la presse, notamment les expéditions punitives contre les femmes à M’sila, les agressions commises par des bandes de jeunes contre des filles dont certaines ont été victimes de viol collectif et les attaques dont sont victimes régulièrement les femmes vivant seules.

Les membres de l’Observatoire sont unanimes à interpeller les ministres de la Communication, de l’Intérieur et de la Justice afin qu’ils assument leurs responsabilités pour sanctionner les auteurs de ces graves bavures et rendent justice aux victimes.

Tous se déclarent inquiets face au phénomène de la violence à l’égard des femmes qui, selon eux, ne cesse de prendre de l’ampleur parce que encouragé par le silence, voire, dans certains cas, la complicité des institutions de l’Etat, celles-là mêmes censées protéger les citoyens sans distinction de sexe.

Après une longue discussion et des échanges d’avis, un communiqué final a été adopté par l’ensemble des participants et signé par la porte-parole de l’Observatoire, Mme Cherifa Kheddar, présidente également de l’association des familles de victimes du terrorisme de Blida, Djazaïrouna.

«Pour la énième fois, les femmes, parce que femmes, continuent d’être victimes de multiples violences : viols en groupe suivis de meurtres comme ceux rapportés par la presse, expéditions punitives à l’image de celles de Hassi Messaoud et de M’sila et, aujourd’hui, des femmes sont victimes de ceux-là mêmes censés les protéger et veiller à leur sécurité», constatent les animateurs de l’Observatoire. Dans le document diffusé en fin de journée, ils font état d’une situation inquiétante marquée par «le harcèlement sexuel et moral dont sont victimes des femmes journalistes de la Chaîne IV de la Radio nationale, dans l’enceinte même de l’institution et par leur propre directeur, la violence contre les femmes vivant seules perpétrée par les services de police à l’intérieur même de leur domicile, au Bois des Pins, à Hydra, Alger».

Ils rappellent à ce titre que les femmes vivant seules sont devenues les cibles d’agression sous toutes ses formes.

Face à ces «agressions» qu’ils dénoncent «avec la plus grande fermeté», ils se déclarent «consternés et révoltés» et exigent des institutions compétentes – les ministères de la Communication, de l’Intérieur et de la Justice – qu’«elles prennent leurs responsabilités respectives, en vue de sanctionner les auteurs et à faire en sorte que l’action publique se saisisse de ces affaires dans les meilleurs délais». Les membres de l’Observatoire expriment par ailleurs leur «solidarité aux femmes journalistes de la Chaîne IV et à toutes les femmes victimes de ces actes abjects» ; ils «s’engagent à les soutenir dans leur combat juste, contre leurs agresseurs» ; ils réclament enfin que «justice soit rendue aux victimes afin qu’elles soient réhabilitées dans leur droit» et exigent des institutions de l’Etat qu’elles «assument leurs obligations telles que consacrées par la Constitution et les lois en vigueur».

A signaler que l’Observatoire est composé de plusieurs associations et militantes des droits des femmes, mais se veut un instrument autonome dépassant toute appartenance partisane ou associative. Il a été créé, il y a quelques mois, pour constater toutes les formes de violences exercées contre les femmes, mener des campagnes contre ces dernières, aider les victimes et les soutenir.

 

Salima Tlemçani,

El Watan, 14/08/11

Publié dans Ailleurs en Algérie

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Sans voile au Québec 11/02/2014 18:45

Nous testons l’idée d’une journée mondiale sans voile.

La date proposée est le 10 juillet 2014, jour anniversaire de la naissance de Thérèse CASGRAIN, politicienne canadienne de renom, fondatrice de la Fédération des femmes du Québec et chef de file de
l’obtention du droit de vote des Québécoises en 1940. Pour symboliser l’appui au mouvement, lors de cette journée, nous proposons que soit portée une marguerite, par solidarité pour toutes les
femmes dans le monde qui n’ont pas le droit, ou qui croient ne pas l’avoir, de laisser flotter leurs cheveux au vent. Pour toutes les femmes qui sont soumises à des diktats sexistes, que ce soit
par l’éducation, par la pression de leur famille, de leur communauté ou de leur pays, par des lois religieuses, ou simplement par une conviction nourrie insidieusement par quelque mécanisme de
ségrégation sexuelle que ce soit.

Nous souhaitons obtenir un soutien significatif avant de lancer officiellement le mouvement. Notre cible est d’obtenir 500 votes d’appui.

POUR SOUTENIR CETTE IDÉE, Visiter notre blog à SANSVOILE.ORG.

Nous sommes sur Facebook/sansvoile et sur Twitter @sansvoile

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À PROPOS DE NOUS

Nous sommes un regroupement de Québécois qui veut promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes. Au Québec, comme partout en Occident, un des symboles les plus évidents de la ségrégation des
femmes est le voile islamique. Que certaines femmes le portent par choix ne change rien au fait que ce vêtement soit un symbole sexiste et qu’elles véhiculent donc un message de ségrégation des
femmes.